Communiqué: Réaction suite aux menaces subies par des étudiants de l’ULB, parce qu’ils exprimaient leur position (27/11/2002)
Arnaud Desmadryl | 27 novembre 2002Profondément émus par les récentes menaces physiques proférées à l’encontre d’étudiants de notre Université, nous, cercles politiques de tendances différentes mais attachés aux mêmes idéaux démocratiques, tenons à réagir à ce que nous percevons comme une atteinte intolérable au droit d’expression et à la liberté de parole.
Pour rappeler les faits, après que le groupe d’étudiants ?Friends of Israël? a affiché ses opinions sur le conflit israélo-palestinien, ses membres ainsi que des représentants de l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (UEJB – association apolitique) et leurs familles ont été à plusieurs reprises menacés de mort.
Que l’on soutienne ou non les positions de « Friends of Israël », de tels agissements sont inacceptables à plusieurs titres. D’une part, parce que l’usage de la violence ne vise qu’à empêcher tout dialogue, à cristalliser les oppositions et à servir les dérives extrémistes. D’autre part, et plus généralement, parce que si des actes de violence devaient se multiplier à l’encontre d’une minorité religieuse, ethnique ou politique et devaient être banalisés, ce sont les fondements mêmes de tout débat politique serein et, partant, de notre démocratie qui seraient menacés. Que ces méthodes soient désormais utilisées au sein d’une université, lieu traditionnel de partage du savoir, de dialogues et d’échanges culturels, prouve bien que cette menace n’est pas théorique. Demain, quels risques encourra le citoyen porteur d’un message politique ? Une chape de plomb pèsera-t-elle sur tout débat d’idées ? Laisserons-nous les extrémistes de tout bord monopoliser la parole ?
Monsieur le Président, Monsieur le Recteur, nous attendons des autorités académiques :
- Une réaction rapide et ferme pour condamner toute atteinte aux libertés fondamentales.
- Une vigilance renouvelée pour éviter que de tels actes se reproduisent à l’avenir.
- L’ouverture d’un débat, le plus large possible, pour protéger nos valeurs démocratiques, réaffirmer la nécessité et la légitimité de l’engagement politique et enfin démontrer à la communauté estudiantine et à la société civile qu’aucune cause n’est assez juste pour entraver la liberté d’expression et menacer la vie humaine.
C’est à ce titre – la défense de la liberté d’expression – que nous avons participé au rassemblement du mercredi 27 novembre et que nous désapprouvons les provocations inutiles de certains.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Recteur, l’expression de nos sentiments les plus libre-exaministes.
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