Communiqué: Condamnation des premières frappes anglo-américaines en Irak (21/03/2003)
Arnaud Desmadryl | 21 mars 2003Le Cercle des Étudiants Libéraux de l’Université Libre de Bruxelles, au lendemain des premières frappes américaines et anglaises, désapprouve l’issue armée du conflit irakien.
Les actions militaires en cours ferment définitivement la porte aux tentatives diplomatiques de régler pacifiquement la situation irakienne.
Favorables à la poursuite des inspections de l’O.N.U., les Étudiants Libéraux de l’U.L.B. regrettent que celles-ci n’aient pu être maintenues en vue de veiller au désarmement du régime de Saddam Hussein.
Si nous condamnons avec force les pratiques dictatoriales de Saddam Hussein, si nous réprouvons tout régime non libéral, au sens du non-respect des libertés et droits fondamentaux dus à tout citoyen, de tout état, nous condamnons également le choix du recours à la solution armée décidée et soutenue par nombre de pays.
Ce choix a été fait au mépris du droit international et met en péril la paix mondiale que celui-ci tend à garantir.
Le Cercle des Étudiants Libéraux, catégoriquement opposé à la persistance de nombre de régimes dictatoriaux dans le monde, considère que l’instauration d’une démocratie libérale en Irak ne peut passer par une intervention militaire, et encore moins lorsque celle-ci est effectuée en violation flagrante du droit des gens.
La nécessité de bâtir un système démocratique en Irak est indiscutable. Mais, selon nous, cette construction doit passer, premièrement, par le soutien des forces d’opposition actuelles au régime de Saddam Hussein, par la Communauté et les instances internationales ; deuxièmement, par la réunion d’une conférence internationale, sorte d’États généraux, réunissant les différentes communautés de la population irakienne, sous l’égide des Nations Unies ; et troisièmement, à l’avenir, par l’organisation d’élections démocratiques.
Quant aux positions que la Belgique prend à l’heure actuelle, permettant le transit des forces militaires américaines par notre État, ainsi que son survol en vue des actions militaires lancées depuis peu ; le Cercle des Étudiants Libéraux regrette que le gouvernement belge ne puisse, vu ses obligations internationales, interdire ces opérations dans notre pays.
Notre démocratie ne se rend-t-elle pas complice de la violation actuelle des dispositions internationales proscrivant le recours à la force sans l’aval du Conseil de Sécurité ?
Après avoir été fiers d’être les citoyens d’un État qui, avec force et courage, s’est opposé à l’optique américaine, nous le sommes moins, lorsque nous voyons que notre pays permet un tel soutien matériel.
Il est, selon nous, regrettable que la Belgique ait dû se rétracter dans ses positions, en l’absence d’accord avec la France et l’Allemagne.
Dès lors, le Cercle des Étudiants Libéraux de l’Université Libre de Bruxelles appelle
- les autorités américaines, à l’arrêt immédiat des opérations militaires sur le sol irakien, au nom du respect du droit international ;
- le Gouvernement belge, à trouver un accord avec le France et l’Allemagne, visant à s’opposer à tout passage de forces militaires engagées dans le conflit irakien, via le sol et l’espace aérien belge ;
- le Gouvernement belge, à défendre au niveau européen et aux Nations Unies, la réunion d’une Conférence internationale en vue de commencer la démocratisation, pas à pas, de l’État irakien ;
- les autorités académiques de Notre Université, à voter, lors de son prochain conseil d’administration, une motion claire et symbolique contre le conflit armé actuel et pour l’instauration d’une démocratie libérale en Irak.
Enfin, les Étudiants Libéraux, appellent chaque citoyen à manifester ce samedi lors du grand rassemblement, à Bruxelles, contre la guerre en Irak et pour affirmer notre volonté de voir le peuple irakien libre, vivant la démocratie, eux aussi.
Que vive la démocratie, seule garante des droits et libertés !
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