Communiqué: Lettre ouverte à la Communauté universitaire suite à l’expulsion des réfugiés iraniens de l’ULB (18/12/2003)
Arnaud Desmadryl | 18 décembre 2003A la suite de l’expulsion des demandeurs d’asile iraniens, ce mercredi matin, sur décision du Conseil d’Administration de l’ULB, les cercles politiques de l’Université tiennent à manifester leur plus vive indignation quant aux méthodes adoptées par les Autorités académiques.
En effet, alors que les étudiants et les autorités de l’ULB s’étaient engagés dans une logique de dialogue, ces dernières n’ont pas hésité à ester en justice dans le plus grand secret et à décider de l’intervention des forces de l’ordre sans la moindre consultation des étudiants et de leurs délégués. Il apparaît en outre que cette intervention matinale se soit déroulée sans le moindre égard pour les réfugiés iraniens, parmi lesquels, des enfants, qu’une telle méthode n’aurait pu qu’effrayer.
De surcroît, la seule présence de policiers sur le campus de l’Université Libre de Bruxelles ne peut que nous scandaliser. Il s’agit là d’une tentative de découragement des libertés de rassemblement et d’expression des étudiants. Par là même, l’ULB dénie un de ses rôles majeurs, celui du débat et de la défense du principe du Libre Examen.
L’obstruction de l’accès aux locaux de la délégation étudiante de l’Université, sur décision du Président Vanherweghem, et ce jusqu’à nouvel ordre, aux délégués étudiants ou à tout autre étudiant de notre Communauté est tout bonnement inadmissible et contraire aux statuts de l’ULB et au décret participation étudiante. Nous constatons, une fois de plus, une volonté d’étouffer toute action de la représentation étudiante.
Alors qu’elles recevaient les médias à bras ouverts, les autorités académiques sont restées sourdes aux appels des étudiants refusant tout dialogue et laissant la situation s’envenimer.
Ce type d’attitude ne peut que rompre la confiance entre les étudiants et les autorités de Notre Alma Mater. Nous craignons que la voie prise par les autorités de l’Université, en ce mercredi 17 décembre, ne constitue un précédent grave, bafouant les droits des membres de la Communauté universitaire.
Par ailleurs, nous restons inquiets de la situation humanitaire dans laquelle se trouvent actuellement les réfugiés iraniens et restons attentifs à l’évolution du dossier.
Le Cercle des Etudiants Socialistes, le Cercle des Etudiants Libéraux et le Groupe Ecolo- ULB condamnent fermement les actes du Conseil d’Administration, soutiennent les revendications du BEA-Interfac et appellent les Etudiants à la vigilance quant au respect effectif de leurs libertés.
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